À la Résidence George Sand, l’atelier lecture du jeudi matin a pris une tournure inattendue : il a donné naissance à un projet d’écriture collective, aboutissant à la création d’un livre unique. Ce projet, porté par Elisabeth RAOUL, ergothérapeute, illustre une vision audacieuse de son métier : faire vivre encore, au-delà des gestes techniques et des soins de base.
« Mon rôle ne se limite pas à la motricité fine », insiste Elisabeth. Son approche est psychodynamique : elle utilise les activités manuelles comme une médiation pour stimuler la mémoire, les émotions, la créativité, « être dans le faire et l’agir ; pour se voir et être vu ». Ces moments permettent aux résidents de ressentir du plaisir, parfois de la frustration face aux tremblements ou à la perte de précision, mais surtout d’apprendre à composer avec le vieillissement.
Elisabeth pose un regard lucide sur la réalité des EHPAD. Malgré leur appellation de « lieux de vie », ils ressemblent parfois à des lieux d’attente où les résidents se sentent comme un fardeau. Elle refuse cette fatalité et rappelle sans cesse aux personnes âgées leur droit d’exister.
Si Elisabeth n’avait jamais envisagé de travailler en EHPAD, elle y a découvert une richesse humaine extraordinaire malgré la crise actuelle traversée par les établissements et les rythmes imposés aux professionnels sur le terrain.
De cette réflexion est né un projet ambitieux : un livre collectif, fruit des ateliers lecture du jeudi matin. Sept résidents ont participé à cette aventure : il s’agit de Maurice, Christiane, Gisèle, Colette, Christian, Mohamed et Bruno surnommé « Bernard Pivot » par ses compagnons d’écriture :
• Son contenu ? des souvenirs de jeunesse, anecdotes de bureau, voyages, pêche, sports, histoires loufoques…
• Ses objectifs : maintenir la conversation, prévenir l’isolement, créer des amitiés, valoriser les talents créatifs et laisser une trace qui circule.
« On peut écrire sans écrire », rappelle Elisabeth : certains résidents ont dicté leurs textes à des proches comme Christiane à sa sœur.
• Les illustrations, c’est notre « Bernard Pivot » castelroussin qui en a eu l’idée.
Bonne nouvelle : le livre est disponible à la commande pour les résidents et leurs proches. Une belle occasion de garder une trace de ces récits et de les partager avec la famille. Pour commander, rapprochez-vous de l’équipe d’animation.
Les participants témoignent : ces ateliers apportent plaisir, rire et énergie psychique. Ils permettent de sortir de sa chambre, d’éviter la rumination et même d’atténuer la perception de la douleur.
Colette confie : « Ces activités empêchent de broyer du noir et limitent les vilaines pensées. »
Christian constate que l’occupation de l’esprit diminue la focalisation sur les douleurs. Bruno, lui, souligne l’importance de l’optimisme pour rendre le quotidien moins monotone.
Et après ?
Le projet ne s’arrête pas là : un volume 2 est déjà envisagé, avec de nouvelles anecdotes et pourquoi pas des marionnettes pour créer des sketchs et des histoires. Parce qu’à la Résidence George Sand, vieillir ne signifie pas cesser de vivre.
Merci aux résidents pour le bon moment que j’ai passé en leur compagnie, à Elisabeth et à Maryse, notre animatrice pour ce magnifique travail qui nous rappelle que chaque histoire compte et que la créativité n’a pas d’âge.






